Transiter par la Chine sans visa : le guide complet 2025–2026 (24 h et 240 h)
Vous avez une escale à Shanghai, Pékin ou Canton. Votre passeport est celui d’un pays normalement soumis au visa chinois. Et vous vous demandez : faut-il vraiment en demander un juste pour changer d’avion — ou pour s’offrir deux jours d’exploration ?
Réponse courte : probablement pas. La Chine a deux régimes de transit distincts, et la plupart des voyageurs n’ont besoin de visa ni pour l’un ni pour l’autre. Mais ces règles piègent du monde à l’enregistrement — au point, parfois, de bloquer net l’embarquement. Mieux vaut donc savoir exactement comment tout cela fonctionne avant de partir.
Deux régimes distincts : le transit en zone internationale et le TWOV de 240 heures
Ce n’est pas la même chose, et les confondre cause de vrais ennuis.
Le transit en zone internationale (rester dans la zone d’embarquement)
Si vous ne faites que changer d’avion sans jamais quitter la zone internationale de départ — pas de douane, pas de tapis à bagages, vous restez en zone internationale —, vous n’avez besoin d’aucun visa. Cela vaut pour pratiquement toutes les nationalités du monde, y compris les détenteurs d’un passeport indien. Il vous faut seulement :
- Un passeport en cours de validité
- Un billet de continuation confirmé au départ de la Chine
La Chine n’exige aucun visa tant que vous restez en zone internationale. Les seules limites sont la durée de votre escale et les règles de réacheminement de votre compagnie. Six heures de correspondance à Pudong et l’envie de rester tranquillement dans le terminal ? Il n’y a rien à demander.
Le TWOV de 240 heures (sortir de l’aéroport, explorer la ville)
C’est le régime qui vous permet de sortir réellement de l’aéroport, de vous installer à l’hôtel et de passer quelques jours en Chine sans visa. Depuis 2025, la fenêtre est de 240 heures (10 jours) dans la plupart des ports d’entrée éligibles — là où les versions précédentes plafonnaient à 72 puis 144 heures.
Le hic : ce régime est soumis à des restrictions de nationalité. Il s’applique aujourd’hui aux détenteurs de passeports d’environ 53 pays, surtout d’Europe de l’Ouest, d’Amérique du Nord, d’Australie, du Japon et de Corée du Sud, plus une poignée d’autres. L’Inde, le Pakistan, le Bangladesh et la plupart des passeports africains et moyen-orientaux ne sont pas couverts par le TWOV de 240 heures. Avec l’un de ces passeports, vous êtes limité au transit en zone internationale, sauf à obtenir un vrai visa chinois à l’avance.
La règle du « pays tiers » — à lire attentivement
Pour le TWOV de 240 heures, impossible de simplement repartir vers votre point de départ. Votre itinéraire doit suivre ce schéma :
Pays A → Chine → Pays B (ou région B)
Le pays A et le pays B doivent être différents. Londres → Shanghai → Londres ne compte pas. Londres → Shanghai → Bangkok compte. New York → Pékin → Tokyo compte aussi. Point crucial : pour cette règle, Hong Kong et Macao sont des destinations distinctes de la Chine continentale — New York → Shanghai → Hong Kong fonctionne.
La destination n’a pas besoin d’être lointaine. Singapour, la Thaïlande, le Japon, la Corée — tout convient. L’essentiel, c’est d’être réellement en transit vers un ailleurs, et non d’utiliser le TWOV comme un visa détourné.
Un billet de train à grande vitesse vaut-il preuve de continuation ?
Non — et ce piège fait de vraies victimes.
Pour le TWOV de 240 heures, la suite de votre voyage doit sortir de Chine. Un billet de train à grande vitesse Shanghai–Pékin relève du trajet intérieur et ne satisfait pas l’exigence. Les agents de l’immigration veulent voir un billet international de continuation : un vol quittant la Chine vers un autre pays, une réservation de ferry international (Shanghai–Osaka, par exemple) ou un équivalent.
Si votre vrai plan est de rejoindre une autre ville en train à grande vitesse puis de vous envoler de là-bas, apportez le billet d’avion international au départ de cette seconde ville. C’est lui, votre preuve de sortie. Le tronçon ferroviaire intérieur du milieu n’intéresse pas le contrôle d’immigration.
La procédure au comptoir de l’aéroport (240 heures)
Vous atterrissez dans un aéroport chinois éligible et voulez activer le TWOV de 240 heures ? Voici comment cela se passe :
Ne suivez pas les panneaux de l’immigration classique. Cherchez le comptoir d’immigration dédié au transit — en chinois, il est souvent signalé 过境免签 ou 临时入境. Dans les grands aéroports comme Pudong (PVG), Pékin-Capitale (PEK) ou Canton-Baiyun (CAN), ces comptoirs ont du personnel en poste et sont rarement bondés hors pics de vacances.
Remplissez le formulaire de demande de transit (临时入境申请表). Il vous faudra vos informations de vol, votre adresse en Chine (votre hôtel, ou même le nom de l’hôtel de l’aéroport si vous logez à proximité) et les détails de votre vol de continuation.
Présentez vos documents : passeport en cours de validité, carte d’embarquement du vol d’arrivée, billet international de continuation confirmé. Ayez-les imprimés ou faciles à retrouver sur votre téléphone — certains agents préfèrent le papier.
Recevez un tampon de transit qui précise l’heure exacte d’expiration. Gardez le feuillet qu’on vous remet : il vous sera demandé au départ.
Vous êtes désormais libre de quitter l’aéroport, de prendre les transports en commun, de poser vos valises à l’hôtel et de circuler dans la zone autorisée. La plupart des ports TWOV permettent de se déplacer dans l’ensemble de la province ou de la municipalité — vérifiez tout de même les règles propres à votre port d’entrée, quelques-uns imposent des limites géographiques.
Le plus grand risque en pratique : votre compagnie aérienne, à l’aéroport de départ
C’est ici que les transits échouent le plus souvent — bien plus qu’au contrôle d’immigration chinois lui-même.
Le personnel d’enregistrement des aéroports d’Inde, des États-Unis, du Royaume-Uni et d’ailleurs connaît souvent mal les règles chinoises du TWOV. Il voit une destination chinoise, aucun visa chinois dans votre passeport, et vous refuse l’embarquement — persuadé que la compagnie sera sanctionnée pour avoir transporté un passager promis au refoulement.
Comment vous protéger :
- Imprimez la page officielle de l’Administration nationale de l’immigration de Chine (国家移民管理局) ou un résultat IATA Timatic confirmé montrant que votre nationalité est éligible au TWOV dans votre port d’entrée précis.
- Réunissez les informations clés (nom du port, votre nationalité, votre billet de continuation) dans un seul document lisible, plutôt qu’enfouies dans une appli.
- Si un agent d’enregistrement fait blocage, demandez calmement un superviseur. Les agents expérimentés connaissent généralement le cas. La page officielle imprimée change vraiment la donne.
- Prévoyez du temps supplémentaire à l’enregistrement, précisément pour cette conversation.
Les ports éligibles (situation 2025)
Le TWOV de 240 heures n’est disponible que dans des ports désignés — tous les aéroports chinois ne sont pas éligibles. Les principaux à ce jour :
Shanghai : Pudong (PVG) et Hongqiao (SHA), plus le port maritime de Shanghai et la gare de Hongqiao sur certains itinéraires.
Pékin : Pékin-Capitale (PEK) et Daxing (PKX).
Canton : Baiyun (CAN).
Autres grandes villes : Chengdu (CTU/TFU), Chongqing (CKG), Xi’an (XIY), Kunming (KMG), Hangzhou (HGH), Nanjing (NKG), Qingdao (TAO), Wuhan (WUH), Changsha (CSX), Xiamen (XMN), Harbin (HRB), Shenyang (SHE), Dalian (DLC), Tianjin (TSN), Guilin (KWL), entre autres.
Si votre aéroport d’escale n’est pas sur la liste, seul le transit en zone internationale vous est ouvert.
Quelle marge de temps faut-il vraiment prévoir ?
Pour le transit en zone internationale, la correspondance minimale standard de 2 heures est raisonnable dans la plupart des aéroports chinois. Pudong et Daxing sont immenses — accordez-vous davantage.
Pour le TWOV de 240 heures, le comptoir d’immigration lui-même prend en général 15–30 minutes hors affluence. Comptez du temps pour la récupération des bagages (pour les faire enregistrer jusqu’à la destination finale, votre compagnie doit accepter de les transférer — confirmez-le à la réservation). Sortir de l’aéroport, poser ses affaires quelque part, revenir pour le vol de sortie : tout cela prend un vrai temps. Si vous comptez réellement utiliser les 240 heures, considérez le premier jour comme une journée d’arrivée au ralenti.
Si votre vol de continuation part dans les 24–48 heures, le TWOV apporte sans doute plus de tracas que de bénéfice — sauf si vous atterrissez précisément dans une ville que vous rêvez de voir.
FAQ
Les détenteurs d’un passeport indien peuvent-ils transiter par la Chine sans visa ? Oui — pour le transit en zone internationale (sans quitter la zone de départ), les détenteurs d’un passeport indien transitent sans visa dans tous les aéroports internationaux chinois, sans la moindre difficulté. Le TWOV de 240 heures, qui permet de sortir de l’aéroport, n’est pas ouvert à ce jour aux passeports indiens ; il faut pour cela un visa chinois classique.
Faut-il un visa chinois pour une escale de moins de 24 heures ? Si vous restez dans la zone de transit international sans passer l’immigration, non — la durée de l’escale n’y change rien (dans la limite du raisonnable). Pour sortir de l’aéroport, il faut être éligible au TWOV de 240 heures ou détenir un visa chinois valide.
Ma compagnie refuse de m’embarquer faute de visa chinois : que faire ? Cela arrive. Apportez une copie imprimée de la politique TWOV officielle pour votre aéroport et votre nationalité — depuis le site de l’autorité chinoise de l’immigration ou via un résultat IATA Timatic vérifié. Si l’agent au guichet refuse, demandez un superviseur. Prévoyez du temps supplémentaire à l’enregistrement.
Puis-je visiter plusieurs villes chinoises avec le TWOV ? En général, oui — le TWOV de 240 heures autorise la libre circulation dans la province ou la municipalité de votre port d’entrée, et la plupart des grands ports ont élargi ce périmètre. En pratique, 10 jours suffisent, par exemple, pour un aller-retour en train à grande vitesse entre Shanghai et Pékin. Assurez-vous simplement de repartir à l’international depuis un port éligible, et de ne pas dépasser 240 heures de séjour à compter de l’émission de votre tampon.
Quels documents faut-il présenter au comptoir d’immigration de transit ? Passeport en cours de validité, carte d’embarquement du vol d’arrivée et billet international de continuation confirmé (imprimé ou facilement accessible sur votre téléphone). Certains agents demandent aussi une réservation d’hôtel ou une adresse en Chine. Gardez votre billet de continuation à portée de main : c’est le document qu’ils regardent le plus.
Une dernière chose avant de partir
Si vous venez visiter la Chine et pas seulement y transiter, une carte SIM qui fonctionne et le paiement mobile configuré (Alipay ou WeChat Pay relié à votre propre carte) font sincèrement la différence entre un voyage fluide et un voyage éprouvant. Ni l’un ni l’autre n’est simple pour un voyageur étranger : les applis sont en chinois, la vérification exige un numéro local, et la plupart des adresses fonctionnent désormais presque sans espèces.
Le Kit de survie KORA règle exactement cela : une vraie carte SIM chinoise, les deux applis de paiement configurées et reliées à votre carte, et une personne qui vous accueille au comptoir de l’aéroport pour tout installer sur place. Jetez un œil aux formules sur koracn.com avant de décoller — l’installation prend environ 30 minutes après l’atterrissage, et vous voudrez que tout fonctionne dès le premier taxi.
Et pour toute question liée au transit — quel aéroport choisir, quelles villes voir en 48 heures, si votre nationalité précise est éligible —, le chat de KORA est ouvert 24 h/24, 7 j/7.
Suis-je éligible au transit sans visa en Chine ? Guidez-moi pas à pas.
Demander à KORA →